Bonjour à toutes et tous, amis de la musique...
Si vous êtes "aficionado" de clarinette, vous serez attristé d'apprendre que le grand clarinettiste et professeur Henri DRUART ( né en 1919 ) nous a quitté ce matin...
Véritable prodige de la clarinette, venu du Nord où son père travaillait aux mines de charbon, Henri Druart avait obtenu un premier prix au Conservatoire de Lille au tout début des années trente - Exceptionnellement, vu son jeune âge, il est autorisé par sa famille à se présenter au Conservatoire National de Paris la même année, et il obtient un Premier Prix dans la classe d' Auguste Périer-
Presque immédiatement il devient professionnel au sein de l' orchestre qui anime la saison thermale à Aix-Les-Bains, où il rencontre un fameux clarinettiste du nom de René Vernet. Grâce à l' argent gagné il achète sa première clarinette en la... Puis, après son service militaire, il entre à la Garde Républicaine où il rencontre Delécluse, Gillot, Pierre Lefèvre...Il devient quelques années après clarinette-solo de la célèbre phalange, sous la direction de Pierre Dupont...Il participe juste après la guerre à la mémorable tournée de la Garde aux U.S.A., puis obtient un prix international de Genève en 1947 - Il est à l' origine de la création du Conservatoire du Xe arrondissement de Paris, puis il devient clarinette-solo de l' Orchestre de Paris , dirigé par Charles Münch (il sera remplacé dans les années 80 par Pascal Moraguès -actuellement professeur au CNSM de Paris)- Il poursuivra sa carrière en enseignant au Conservatoire de Rueil-Malmaison...
Reconnu par d'éminents confrères, comme le regretté Jacques Lancelot, comme "le meilleur clarinettiste d'orchestre" de sa génération, adulé par ses élèves, honoré par toute la profession, il prêtera son concours à l' amélioration de la clarinette notamment avec la société LEBLANC, mais saura également s'intéresser aux autres grandes marques, y compris aux fabricants allemands -
Je ne l'aurai rencontré que deux fois dans ma "carrière" à l' époque où je travaillais chez BUFFET CRAMPON et il m' a laissé l'impression d'un personnage affable, bon vivant, et d'une musicalité et sonorité remarquables...
Je suis certains que nombreux seront ceux qui l' accompagneront vers sa dernière demeure - J' essaierai d' en être si mes obligations familiales me le permettent.
A sa famille, à tous ses amis et élèves, mes plus sincères condoléances.

Richard SCOTTO