Music Love Supreme

Tous les thèmes de la musique : classique, Jazz, contemporain, rock, chanson. Concerts, instruments et conseils.

14 septembre 2009

SAGA 34 : TOURNEE BRETAGNE SUITE ET FIN

Bonjour, après une longue interruption, reprise du récit de mes rencontres musicales...

Brest, automne75...Je suis arrivé chez Daniel PARIS, luthier Brestois d'origine Mantaise -il a été ouvrier-finisseur d'instrument dans notre usine, sous la houlette du fameux Robert Carrée...C'st un homme agréable , au physique de "druide" ! -entendons-nous, il porte cheveux longs et barbe fournie...Il est fort avenant et parle d'une voix très douce...De toute évidence il adore son métier...Il est également devenu luthier "cordes" et notamment si mes souvenirs sont exacts, il fabrique et répare des harpes celtiques et tous instruments typiquement bretons !
Son épouse est également fort charmante et affable et je crois me rappeler qu'ils m'ont proposé même de loger chez eux, ce que j'ai poliment refusé, ayant réservé mon hôtel avant mon départ, et également devant visiter un autre magasin sis en centre-ville- Je crois que ce magasin s'appelait "PARIS-MUSIQUE" ce qui pouvait d'ailleurs porter à confusion avec l' atelier de ...Daniel PARIS justement.

Le lendemain je quitte Brest pour QUIMPER où m'attend un marchand bien connu dans la région, qui répond au nom de CUADRAT.

Me voici dans la jolie ville de QUIMPER, garé non loin du magasin en question qui si mémoire ne flanche pas, est sur une place centrale. Le patron est afféré avec un gaillard barbu et légèrement dégarni, qui vient d'acquérir un ampli de guitare "MARSHALL" dont le baffle très volumineux et lourd nécessite de l'aide pour loger dans la voiture -je crois me souvenir une "SIMCA 1100" (cela m'a "interpellé" car ce fut ma première voiture en 1970), dont le musicien a rabattu les sièges arrières pour y loger l' encombrant objet...Je vais donc donner un coup de main aux deux hommes pour charger le véhicule, puis l' artiste me serrera la main et nous quittera.

Je me présente à M. Cuadrat, fort affable, qui me remercie lui aussi et me dit "au fait, vous savez qui vous venez d'aider ?"

"à vrai dire non, sans doute un professionnel en tous cas..."

"eh bien, vous ne l'avez pas reconnu, c' est Dan Ar Braz, le guitariste de ALAN STIVELL..."

Je ne le connaissais pas à l' époque, bien que j'aie dû le voir lorsque je me rendais au Centre Américain du Boulevard Raspail, dans les années 68/70, où j'ai découvert nombre de musiciens "folk" comme Graeme Allwright, Lionel Rocheman ou encore Marcel Dadi...

Par la suite, j'ai redécouvert cet extraordinaire musicien, dont le disque "LA MAISON AUX VOLETS BLEUS" a été un de mes disques de chevet en 2000/2001...A cette époque, j'étais entré en contact avec Dan Ar Braz par échanges de email et même téléphone, mais un incident stupide a brisé cette relation naissante. A cette époque, je n'avais pas suffisamment protégé mon ordinateur contre les virus, et un de ces éléments destructeurs s'est glissé dans un de mes messages à l' artiste et semble-t-il, a détruit une partie d'un travail de composition ou d'enregistrement qu'il réalisait...Il m' a d'ailleurs appelé immédiatement au téléphone pour m'exprimer son désarroi, et moi, évidemment, je ne savais que faire ou dire, j'étais si désolé...D'autant que je n'avais pas eu moi-même de destruction sur mon propre disque dur...J'ignore ce qui s'est produit, à cette période - et encore aujourd'hui-j'étais très novice en la matière- et surtout, je n'imaginais pas que l'on puisse être victime de ce genre d'attaque, sinon à être personnellment visé par des personnes malfaisantes, ce qui a pu être le cas, car j'étais en plein conflit avec des gens qui m'en voulaient au point que seule une action par avocats interposés a pu enrayer la montée de leurs actions malveillantes à mon égard...Ont-ils tenté de me destabiliser ou de voler les informations de mon disque dur ? Que sais-je...Je n'ai jamais cherché à en savoir plus...A ce moment précis, j'avais à faire face à trop de problèmes dans mon travail pour intenter une action quelconque...Mais nous en reparlerons plus tard sans doute !...
L'accueil de Cuadrat fut charmant...Je regrette de ne l' avoir jamais revu...C'est Dan Ar Braz lui-même qui m'a appris qu'il reposait depuis quelques années dans le cimetière de QUIMPER.

Suite du voyage par Vannes et Lorient -accueil sympathique- le prof. de clarinette BOISGARD étant "Buffettiste", je fus bien accueilli par le marchand de musique "A STE CECILE", fournisseur traditionnel du conservatoire et des musiciens de la "Flotte", de même qu'à Vannes...

Le retour sans anecdote particulière, fut l'occasion de réfléchir à la nécessité d'avoir de l'aide dans ce travail de " Voyageur-Représentant-Placier" comme on disait, car les distances et la qualité du réseau routier à l' époque limitaient la fréquence des visites et imposaient de longs kilométrages fastidieux et contre-productifs.

Maintes fois il m' arrivait de ne parvenir à destination qu'à l'heure du déjeuner ou de la fermeture du soir, ayant été retardé par un simple embouteillage ou ma méconnaisasnce des lieux...Certaines villes ont des géographies complexes, avec des problèmes de stationnement insolubles, d'où perte de temps, fatigue pour transporter les instruments (j'avais à coeur de montrer les produits dans leur réalité et non sur catalogue) et il n' était pas rare que je fasse deux voyages pour amener mes étuis de clarinettes, saxos, trompettes et autres produits du "Groupe Tochin" -violons, archets, guitares, étuis-

A l'époque nous n'avions pas de téléphone cellulaire donc il fallait s'arrêter près d'une cabine,  une poste ou un café pour prévenir d'un retard éventuel...

L'hiver allait bientôt arriver et j'allais concentrer mes visites sur la région parisienne, les zones au climat plus clément, ou encore , avant la dégradation de la météo, vers le Nord, si proche finalement-deux heures de route- et, je le constaterai, si accueillant !

PROCHAIN EPISODE : NORD PAS-DE CALAIS ou "Bienvenue chez les Ch'tis- avant l'heure ! "

25 mai 2009

SAGA 33e : TOURNEE NORMANDIE / BRETAGNE

Bonjour, je reprends la route et le clavier...

Après ce premier contact avec la famille FERRON, je décide de poursuivre ma visite en faisant un passage chez deux autres marchands de musique connus de la ville - la maison DAMAMME- surtout spécialiste du piano, et un autre magasin dont j'ai momentanément oublié le nom...Déçu par la réaction négative des FERRON concernant mes produits autres que "BUFFET " notamment mes cuivres "YORK" et les produits de lutherie "PAESOLD", je décide de passer outre le "chantage à l' exclusivité" sur nos produits, et donc je réusis à obtenir la commande d'une trompette YORK auprès du magasin de pianos - Le patron lui-même m' adit se refuser à même tenter de vendre une clarinette ou un sax tant  " l'omnipotence Ferronnienne " lui nlève toute chance de réaliser une vente...j'avoue que cela m'arrange, car bien que décidé à ne pas me laisser imposer ma conduite par un revendeur, je ne souhaite pas débuter ma carrière par un conflit, d'autant que les griefs des marchands de musique français sont nombreux et souvent justifiés -quant à la politique commerciale menée par mes prédécesseurs-, et d'autant que les "Américains" -entendez le groupe Tolchin et son homme de confiance, notre PDG "Bill" Davis, ont pris des décisions drastiques qui ont bouleversé et choqués les revendeurs, voire même certains musiciens : par exemple les prix de certaines clarinettes ont été relevé jusqu'à TRENTE pour CENT en 73, les saxes de VINGT pour CENT...Les délais de livraisons ont été parfois doublés ou triplés...un an pour sax, deux ans pour un basson...De surcroît, la société continue à facturer certains produits directement aux conservatoires, court-circuitant ainsi les marchands locaux...C'est suyrtout à ce problème que je m'attaquerai, d' autant que des dizaines de revendeurs vont m' agressser systématiquement à mon arrivée sur ce domaine...
Je quitte donc Rouen pour Caen, où m'attendent deux ou trois magasins , notamment "BONNAVENTURE" M. Lebreton, et le magasin "LAPLAISE" ...Rien de particulier , ce sont des personnes accueillantes, qui souffrent déjà de la concurrence rouennaise et parisienne (Caen est exceptionnellement bien desservie par le fameux "TURBOTRAIN" , l' ancêtre du TGV, qui relie le centre ville à la gare St Lazare -et donc la rue de Rome- en moins de deux heures) - J'aurais donc de bons rapports avec ces commerçants, mais rien de révolutionnaire qui vaille la peine que je m'attarde, et c'est donc sur LE HAVRE que je me dirige dès le lendemain matin.

Le lendemain, après avoir franchi pour la première fois le fameux pont de Tancarville, je vais découvrir Le Havre, ses raffineries, son architecture post-deuxième guerre mondiale...Une ville peu engageante il est vrai mais qui fait tout de même rêver : n'est-ce-pas de là que l'on part pour le nouveau monde ? Je crois me souvenir avoir vu de loin l 'un des plus beaux navires de l' histoire de la marine marchande, l'illustrissime "France", amarré ou ancré je ne sais plus ...Ou bien était-ce un mirage ???

La ville possède un très beau magasin de musique tenu par M. Glevarec, un musicien-batteur- reconverti avec bonheur dans le commerce. L'accueil y sera très chaleureux et sympathique, d'autant que ce personnage a beaucoup joué avec une autre "figure" du métier, l'organiste et compositeur de nombreuses musiques de film Alain LE MEUR, que je connais très bien, pusiqu'il est également responsable du marketting et démonstrateur de la marque "FARFISA" -numéro un de l'orgue d'appartement à l' époque - Il est le bras droit de monsieur Becker,- importateur exclusif de la marque-, dont le fils,  Bernard, sera le créateur du premier salon de la musique à Paris - qui se tiendra dans l' ancienne gare de la Bastille, devenu depuis  " l' Opéra-Bastille".

Si l'accueil sera agréable et sympathique, les commandes seront plus des "commandes de principe" (..pour marquer votre passage, on va vous prendre UNE clarinette et UN saxophone...phrase souvent entendue), et, de toutes façons, je dois bien accepter l'idée que, encore une fois, c'est la maison FERRON qui détient un quasi-monopole sur toute la Normandie, une bonne partie du reste des ventes se faisant également à Paris, rue de Rome, chez VINCENT-GENOD justement.

Je vais donc poursuivre ma route en redescendant jusqu'à Argentan, puis Dreux et retour à Mantes.

Ces petites villes sont des étapes nécessaires dans ma recherche d'une politique commerciale innovante, mais je vois bien qu'elles ne représentent guère de potentiel pour nos produits très ciblés "haut-de-gamme" , et que d'autre part nos produits accessoires dits "du groupe Tolchin" , ne les intéressent guère...

Je vais donc envisager de visiter les grandes capitales régionales, quitte à accomplir des périples de deux semaines lorsque je serai à plus de cinq cents kilomètres, et notamment dans les régions du sud où je séjournerai durant le week-end chez l'un ou l'autre des membres de ma nombreuse famille, alliant ainsi l' agréable à l'utile -la société qui m'emploie économisant ainsi nuits d'hôtel et restauration !!! - Notez que le compréhensif Kurz m'a autorisé à me faire rembourser certains frais - "de bouche" devrais-je les appeler- entendez des menus présents faits aux personnes qui m'accordent l' hospitalité - En effet, n'étant pas commissionné sur les ventes, il ne serait pas logique que je paye de ma poche des frais qui me sont théoriquement remboursés par contrat, alors que je fais faire de larges économies à la société...

Dans les semaines qui suivent, je vais m'empresser de parcourir la Bretagne, une région que je ne connais absolument pas, et ma première étape sera LE MANS, où je suis très bien accueilli par monsieur et madame Laporte, autant que par la maison Bonvallot - Le professeur de saxophone, monsieur Mafféi étant un "Buffettiste" inconditionnel -
Puis ma route m'amène à Rennes, où je vais affronter le redoutable DUROS, une institution locale  personnage assez difficile et en tous cas peu accueillant, jugez-en...

Arrivé la veille dans la grande capitale Bretonne, je séjourne dans un hôtel très proche du fameux magasin, sis au 10, rue de Plélo, que je suis allé discrètement repérer le soir après sa fermeture...Beau magasin , assez vaste, c'est un généraliste qui propose ausi bien guitares , claviers, sonos, que lutherie, vents, accordéons etc...Une sorte de "petit Paul Beuscher de province"...

Le lendemain matin, je me gare bien avant l'ouverture presque en face du magasin- Vous vous souvenez peut-être que l'on m'a attribué l'ancienne voiture de l' ex-PDG, une superbe Citrën D.S 21 "injection", de couleur gris métallisé- siège en cuir...une limousine !!!

A neuf heures, je me présente devant la porte de l' établissement. J'entre et me présente à une personne qui m'accueille..."j'ai rendez-vous avec monsieur Duros" lui dis-je, en lui tendant ma carte de visite...

"je vais voir s'il peut vous recevoir", me dit le vendeur en me laissant planté debout au milieu du magasin, mon attaché-case à la main; puis il revient "monsieur Duros va arriver dans quelques instants.."

J'attends donc...quelques instants après apparaît un homme un costume strict, cheveux très courts, qui me serre la main avec un "alors, c'est vous le nouveau voyageur de la maison Buffet ??? "
Je ne peux m'empêcher de rectifier : " -en fait, je suis le directeur commercial...Nous n' avons plus de VRP et c'est moi qui assumme également ces fonctions"
"Très bien" me dit-il, "et, vous êtes parti de Mantes ce matin?"
- "non, je suis déjà sur la route depuis hier...J'ai dormi à l' hôtel à côté pour être à l'heure ce matin"
-"vous avez trouvé à vous garer dans le coin"
"-oui, juste en face, la DS grise"
Il regarde d'un air inquisiteur la voiture et me lance:
"une 21 à injection..., je vois qu'on ne se refuse rien dans votre maison...remarquez, avec les prix que vous pratiquez...Au moins vous ne roulez pas dans une voiture minable comme votre confrère.....-il me cite le nom d'un représentant -"
La conversation commence mal...Je ne me laisse pas déstabiliser et je lui propose de lui montrer notre nouvelle clarinette "RC" - Il me prévient tout de suite :
"Je vous avertis, le professeur de Rennes, Monsieur Dusseigne ne joue et ne fait acheter que des "Selmer", ce sera très difficile pour nous de vendre vos clarinettes, mis à part au professeur de Saint-Malo, Jego, qui lui, préfère votre marque; mais comme il n'a en principe que de jeunes élèves, il prend rarement des modèles professionnels -d'autant que les parents savent que si l'enfant continue ses études par la suite à Rennes, il devra changer pour une Selmer-"
Je vois le problème incontournable qui se profile à l' horizon...Aussi  je décide de me lancer dans une brillante démonstration pour faire valoir les qualités de nos clarinettes d'étude "EVETTE" et " EVETTE et SCHAEFFER", mais, là encore, je me heurte à la mauvaise foi de mon interlocuteur , qui, arguant du fait qu'il joue lui même de la clarinette, m' affirme :
" vos Evette ne valent pas les "Noblet" (-une gamme d'étude concurrente du facteur "LEBLANC", aujourd'hui disparu du marché Français après son rachat par un groupe américain-)
Que dire face à cette volonté de faire barrage à notre marque...De toute évidence, le gars ne nous aime pas...Il le montrera encore par la suite...De surcroit, les saxophones vendus dans la région sont exclusivement des " SELMER";- là encore, le professeur est un "Selmériste pur et dur"... Quant à la lutherie, elle ne l'intéresse pas, car il possède apparemment encore des stocks d'archets et violons anciens, stocks constitués par son père déjà auparavant...Je vais donc prendre congé et me rendre chez un nouveau marchand dont j'ai entendu parler par un copain , musicien et ingénieur du son dans la périphérie de Rennes, que j'avais connu à l' époque où je travaillais encore chez MAJOR CONN et BEUSCHER...C'est d'ailleurs chez ce musicien que je passerai la soirée et la nuit avant de poursuivre vers Saint-Brieuc, Brest, puis le jour d'après Quimper, Lorient, Vannes...

Ce nouveau magasin "HARMONIC MUSIC", est situé Place Jeanne D' Arc, un lieu facile d'accès à l' époque où je garerai ma somptueuse berline sans avoir à encourir les remarques fielleuses précédemment entendues !

Le propriétaire est un homme jeune (trente-cinq ans peut-être moins), ex-batteur reconverti lui aussi dans le "business" - Il va très bien m'accueillir, et si j' ai bonne mémoire, m'inviter à déjeuner je crois, avec mon ami guitariste...C'est à ces petites attentions, le plus souvent sincères, qu'on apprécie les gens...La plupart du temps je proposais un déjeuner-quand l'heure arrivait, ou si j'en ressentais la nécessité pour une raison ou une autre...Selon la réaction des gens, on peut se faire une opinion sur leur désir de collaborer ou non, leur éducation, leur mentalité etc...C'est souvent un bon moment, et j'en ai vécu d'excellents-notamment invité même à leur domicile par des clients Alsaciens, ou du Nord - et d'autres également tout simplement dans des restaurants sympathiques,"bouchons" lyonnais, tavernes alsaciennes ou autres...

Nous ne ferons pas de grosses affaires avec ce magasin, plus spécialisé en guitares etc...L' aprés-midi je visiterai un magasin traditionnel, plus accueillant que DUROS : Deschaux-Musique, rue de la Visitation - sans grands résultats- Demain, je prendrai la route pour Saint-Brieuc, non sans avoir fait le tour de Saint-Malo, plus pour mes propres besoins touristiques que pour les affaires !

Arrivé à Saint-Brieuc je vais pouvoir visiter dans la matinée les deux magasins qui comptent dans la ville ; "SCHÖNBERG" et "SAINTE-CECILE, avant de prendre la route de Brest, où m'attend Daniel PARIS, un excellent luthier/réparateur, ancien employé de Buffet Crampon...

SUITE BIENTÔT

13 mars 2009

SAGA 32e EPISODE -TOURNEE NORMANDIE I -ERNEST FERRON-

SAGA 32e EPISODE - TOURNEE SUISSE III LE RETOUR - TOURNEE NORMANDIE

C'est le retour vers la mère patrie...Je repasse la douane dans l'autre sens cette fois...Ce ne sont tout de même pas des gabelous français qui vont m'accuser de faure de la contrebande d'instruments de musique fabriqués en france justement !!! ce serait un comble; heureusement il n'en est rien et au vu du linge utilisé que j'ai volontairement laissé quaiment en vrac dans ma valise, ces messieurs ne se donnent pas la peine de fouiller en détail...De toutes façons, à part quelque chocolats "FRIGOR", je n'ai rien acheté dans ce joli pays où les prix sont tout de même élevés !!!...

La route du retour m'est bien agréable après ces nuits passées dans des lits différents, ces repas pris pas toujours aux bonnes heures, cette tension malgré tout sur la route, pour trouver le bon chemin, se garer etc... Le lot habituel des V.R.P. "voyageurs-représentant-placiers", noble corporation à laquelle je me trouve apparenté de par mes actions, même si je suis très fier de donner ma carte de visite en relief arborant "Richard Scotto - Directeur Commercial -Buffet Crampon S.A."- ! En plus je travaille pour le numéro un mondial de la clarinette...Moi qui débutait timidement sur cet instrument il y a plus de quinze ans -
En ces moments je pense à ma mère, déjà partie depuis quatre ans, qui serait si heureuse de me voir dans cette situation, si conforme à ce qu'elle ambitionnait pour moi...

Les retours sont l'occasion de réunions avec la direction générale, rapports divers, prises de désicion sur la politique à tenir, les améliorations à envisager etc...

Sur la lancée, je décide d'enchaîner par une tournée en Normandie, si proche...
Et tout d'abord par la belle ville de Rouen, fief du virtuose Jacques LANCELOT, notre essayeur en titre, qui y professe et dont la réputation est telle que sa classe attire plus encore d'étrangers que la classe de son éternel rival Ulysse DELECLUSE à Paris...De nombreux Japonais notamment, dont Shigeru IKUSHIMA, qui sera soliste de l' orchestre du Capitole de Toulouse pendant une quinzaine d'années, mais aussi des Turcs comme Memet ERMAKASTAR qui sera professeur à  Nantes notamment, avant de disparaître prématurément d'une maladie incurable - D'autres anciens élèves du maître occuperont divers postes en France et dans le monde (un certain nombre d'entre eux ont été cités dans l'hommage que j'ai rendu sur ce même blog lors des récentes obsèques du grand musicien)-
Du fait du rayonnement de Jacques LANCELOTet de son collègue et ami saxophoniste Henri-René POLLIN -membre du célèbre "Quatuor Deffayet"- les instruments de notre production sont très répandus dans la région, pour le plus grand bénéfice du seul véritable spécialiste des instruments à  vent en Normandie, le luthier Ernest FERRON - ce personnage remarquable tient boutique et atelier dans le Rouen traditionnel, rue du Massacre - Il s'y est établi en compagnie de son épouse et de sa fille, et revendique le titre de luthier, qu'on ne saurait lui contester, tant son savoir-faire et son inventivité s'appliquent autant aux instruments à  vent qu' à cordes, ainsi qu'aux accordéons - il est aidé dans sa tâche par sa fille qui s'avérera une excellente "luthière" à son tour, et son épouse qui assure plus la partie comerce et gestion de la petite entreprise...
C' est toutefoi un personnage redoutable et intransigeant, avec lequel j'aurai quelques difficultés d'entente, mais nous saurons nous apprécier par la suite et je lui voue un respect mérité pour sa connaissance, sa droiture et son apport à la profession de facteur d'instrument - en effet, il ne cessera, par de petites inventions et améliorations techniques, puis par un travail très poussé de recherche et de développement, d'apporter des perfectionnements tant mécaniques qu'acoustiques aux principaux instruments de la famille de vents : clarinettes, saxophones, flûtes etc...Plusieurs brevets ont été déposés, notamment pour son "variateur d'impédance acoustique", un dispositif qui améliorait le travail de l'instrumentiste à vent confronté aux problèmes d'acoustique des lieux de concerts, ou encore de changements d'hygrométrie entraînant des problèmes de choix d'anches souvent épineux...
Ma première rencontre sera donc tout empreinte de précaution, pour ne pas froisser la susceptibilité du personnage, plus âgé que moi, et qui voyait d'un oeil un peu condescendant et ironique ce jeune blanc-bec issu de la "grande distribution" ( je sortais de chez Paul Beuscher ne l'oublions pas !), dont il se demandait s'il n'étai pas le n-ième envoyé qui serait renvoyé et remplacé par un n-ième bis ou ter , comme ses prédécesseurs...Il n'en sera rien, puisque je me maintiendrai dans mon poste dix années et partirai de mon plein gré pour une autre aventure...
Me voici donc arrivé dans la belle ville que je découvre d'ailleurs...Le trio FERRON, tout vêtu de blouses blanches "de pharmaciens" , m'attend, campé derrière leur comptoir... L'accueil se veut sympathique (larges sourires un peu trop "carnassiers" à mon goût !), mais je sens une tension palpable...En effet, monsieur Ferron a depuis longtemps su obtenir et garder l' exclusivité des grande marques qu'il représente pour tout la région -du moins sur la ville de Rouen et sa banlieue, et son plus gros souci est de savoir si notre nouvelle politique lui permettra de conserver cet avantage énorme (et illégal il est vrai - nous n'avons en théorie pas le droit de refuser une vente à  n'importe lequel de ses confrères ou concurrents...).
J'avoue que je suis perplexe, mais on m'a recommandé de ne pas prendre de risques avec ce personnage, qui représente -sans doute grâce à la présence de messieurs Lancelot et Pollin et leurs adeptes, mais aussi par sa qualité professionnelle absolument remarquable- un chiffre d'affaires non négligeable, et surtout, un stabilité financière rare dans la profession .
Mon problème, c'est que depuis que nous sommes membre d'un groupe international -"THE TOLCHIN GROUP" pour mémoire-, nous avons à vendre des produits annexes qui ne sont pas forcément du goût ou même de la compétence de société comme E.FERRON...De ce fait, je serai dans l'obligation de proposer ces produits qu'il ne peut pas ou ne souhaite pas prendre, à des concurrents qui, eux, vont me demander du BUFFET CRAMPON, à l'occasion...Gros dilemme...Je devrai jouer en finesse pour ne pas créer de conflit et ce sera difficile...

La famille Ferron est toute à l' écoute de mon argumentation; j'essaye de faire oublier le délicat passage sous "commandement américain", et fais l'apologie de la nouvelle direction sous l' égide du sage Helvétique KURZ, avec les français Joelle BRESSON et moi-même etc...

Monsieur Ferron s'ennorgueillit de son amitié avec Jacques Lancelot et Henri-René Pollin, ses relations privilégiées avec notre conseiller-concepteur Robert Carrée, mais aussi il n'oublie pas de me dire qu'il est "extêmement ami avec la famille Selmer, notamment Jean Selmer", et bien d'autres facteurs comme leblanc, Courtois, Glotin,"100% français, eux..."

Il sont très intéressés par notre nouvelle clarinette RC dont ils étaient au courant de l' évolution par M. Lancelot, et commandent quelques instruments "sélectionnés par Jacques Lancelot" -évidemment...

Puis M. Ferron me montre quelques petites améliorations mécaniques qu'il apporte à toutes les clarinettes qu'il vend, notamment des billes de nylon qui remplacent avantageusement les lièges sur les articulations de certaines clés, réduisant le frottement et ne nécessitant plus de réglages -nombre de ses idées seront d'ailleurs reprises quelques années après par les facteurs Buffet, Selmer voire même Leblanc...Mais l'ingénieux acousticien tavaille aussi sur les violons, les accordéons et les cuivres, se faisant une telle réputation que des clients viennent de Paris et d'autres régions pour "adopter le régime Ferron" !

Enfin, la maison Ferron a établi une politique imparable pour s'assurer la quasi-exclusivité des ventes régionales : aucune réparation n'est pratiquée sur des instruments vendus par les autres magasins de la région ! Et c'est lisiblement écrit sur la porte d'entrée...On est prévenu...Je serai d'ailleurs témoin ce jour-là d'une scène un peu surprenante pour moi : un adolescent se présente avec une trompette en vue d'une réparation, et Madame Ferron lui demande où il a acheté cette trompette... Le jeune répond  :" à Lisieux"

"eh bien, lui répond la dame, allez l'apporter en réparation chez votre marchand de Lisieux; comme vous le voyez écrit sur la porte : "la maison ne prend aucune réparation- nous n' assurons que le service après-vente des instruments vendus par nous-mêmes" - C'est dit !-

Le pauvre garçon, tout penaud s'en est allé, sous mon regard surpris... C'est là que M. Ferron m'a expliqué et tenté de justifier sa politique...J'avoue avoir été choqué...Toutefois, par la suite, j'ai quasiment approuvé ce sytème, qui lui évitait d'être la victime des "discounters" et "bradeurs de toutes sortes" qui avaient commencé à  sévir dans la profession, et qui, par la suite, ont contribué à la perte de nombreux magasins traditionnels de province et de Paris...On en reparlera plus tard quand j'en arriverai à la création de ma propre affaire...

En attendant, les Ferron n'ont pas voulu de mes cuivres "YORK" (made in U.S.A.)...Je vais devoir quand même trouver d'autres débouchés pour ces produits...

16 novembre 2008

SAGA : 40 ANNEES DE RENCONTRES MUSICALES

BONJOUR A TOUTES ET TOUS...


" QUARANTE ANNEES DE RENCONTRES AVEC LES MUSICIENS"...

Pour alléger la présentation, vous ne voyez apparaître désormais que les titres des différents épisodes (31 à ce jour)

En cliquant sur chaque titre, vous pourrez donc visualiser l'épisode correspondant

J'espère que cette présentation facilitera la lecture et vous engagera à suivre les prochains épisodes avec le même enthousiasme que vous avez manifesté pour la première partie de cette "SAGA" !

Bonne lecture !

Richard Scotto


SAGA_1e_LES_DEBUTS D'UNE LONGUE HISTOIRE...

SAGA_2e_PREMIERES_NOTES DE MUSIQUE

SAGA_3e : LA FRACTURE

SAGA_4e_ANNEES_PIGALLIENNES_I

SAGA_5e_ANNEES_PIGALLIENNES II

SAGA_6e_ANNEES_PIGALLIENNES III

SAGA_7e ANNEES PIGALLIENNES IV

SAGA_8e_ANNEES_PIGALLIENNES V : APHRODITE'S CHILD...

SAGA_9e_ANNEES_PIGALLIENNE VI : PIERROT ET LA "LES PAUL CUSTOM" BLANCHE

SAGA_10e_ANNEES_PIGALIENNES_VII: BARNEY_WILEN/MIMI LORENZINI

SAGA_11e_ANNEES_PIGALLIENNES VIII:

SAGA_12e_ANNEES PIGALLIENNES IX : TBONE WALKER/ HENRI SALVADOR

SAGA_13e_ANNEES PIGALLIENNES X LES_CELTES


SAGA_14e_ANNEES_BEUSCHERIENNES_I :PHILIPPE SEILLER

SAGA_15e_ANNEES_BEUSCHERIENNES II

SAGA_16e_ANNEES_BEUSCHERIENNES III

SAGA_17e_ANNEES_BEUSCHERIENNES IV

SAGA_18e_ANNEES_BEUSCHERIENNES V

SAGA_19e_ANNES BEUSCHERIENNES VI :FRANCFORT_GENE KRUPA

SAGA_20e_ANNES BEUSCHERIENNES VII PRINTEMPS_71

SAGA_21e_ANNEES_BEUSCHERIENNES_ VIII 1971

SAGA_22e_ANNES BEUSCHERIENNES IX Rentrée_1972

SAGA_23e ANNEES BEUSCHERIENNES X DEXTER_GORDON

Saga_24e_ANNEES BEUSCHERIENNES XI

SAGA_25e_ANNEES_BUFFETTISTES_I

SAGA_26e_ANNEES_BUFFETTISTES_II

SAGA_27e_ANNEES_BUFFETTISTES_III

SAGA_28e_ANNEES BUFFETTISTES IV :VINCENT_GENOD

SAGA_29e_ANNEES_BUFFETTISTES_2

SAGA_30e__ANNEES_BUFFETTISTES_TOURNEE_SUISSE_I

SAGA_31e_TOURNEE_SUISSE_II



 






SAGA 31e : QUARANTE ANNEES DE RENCONTRES...TOURNEE SUISSE II

SAGA : QUARANTE ANNEES DE RENCONTRES...31e épisode première tournée suisse II

J'ai passé une très bonne nuit dans un modeste hôtel genevois (respectant ainsi les consignes toutes "helvétiques" de mon patron suisse: "essayez de trouver des hôtels confortables mais sans luxe inutile"...

C'est d'autant plus facile dans ce pays où la propreté et l'efficacité, ainsi que l' amabilité sont des règles essentielles...

Au petit matin me voilà en route en direction du VALAIS, un canton Suisse célèbre pour son vin et aussi pour ses nombreuses harmonies et sociétés musicales...Je longe la "Riviéra Suisse", le long du Léman, passant ainsi par Montreux (haut-lieu du jazz s'il en est) et également ville où est établi l'importateur SELMER (CORE S.A.), un importateur non-exclusif à l' époque puisqu'il figure sur nos listes de distributeurs...Je comptais lui rendre visite mais justement le patron M. Corafas est absent, et, du coup, je file directement sur la petite ville de BEX, où je dois rencontrer un de nos clients, M. VESIN.

Arrivé dans l' après midi dans cette petite ville, je trouve facilement la boutique en question, et, ô surprise, c'est un magnifique magasin, assez grand pour une ville aussi modeste, mais surtout offrant en vitrine tout ce dont peut rêver un orchestre d'harmonie...Des instruments de marques très prestigieuses brillent de tous leurs feux dans une vitrine rangée avec goût, jugez-en : trombones KING et COURTOIS haut-de gamme, saxophones SELMER et BUFFET, trompettes CONN, GETZEN et BACH, hautbois RIGOUTAT ou MARIGAUX, bassons des grandes marques allemandes ( PÜCHNER, SCHREIBER...), flûtes "MURAMATSU" et "SANKYO" et bien entendu, clarinettes BUFFET CRAMPON et LEBLANC.

Le patron m'accueille chaleureusement par un "bonjour cher compatriote"...C'est un Français d'origine, ainsi que son épouse qui l'épaule dans le boulot...Elle est originaire de RENNES, où elle a étudié le violon... Ils ont dû émigrer dans les années 50 ou 60...Peut-être était-elle issue d'une famille juive car elle me parle d'un trafic de violons au détriment de musiciens "juifs bretons" pendant la guerre...En fait des commerçants de la région auraient fait fortune en revendant apès guerre des instruments achetés à vil prix dans les années tragiques à des artistes juifs en fuite...

En tous cas ils semblent touchés de recevoir enfin la visite d'un cadre de la société, n'ayant pratiquement travaillé que par correspondance avec nous, et il s'empresse de téléphoner à un hôtel de ses relations pour me loger, et de m'inviter à dîner...
Il me fait visiter les lieux, atelier de réparation compris, et je note pour la première fois dans un magasin la présence d'un appareil de contrôle de la justesse des instruments, le fameux "STROBOCONN" que je n'ai vu que chez BUFFET ( jusqu'en 1990 environ je n'en verrai jamais d'autre chez SELMER, LEBLANC ou COURTOIS par exemple, mais, par contre, lors e la création de mon magasin en 1985, je serai le PREMIER magasin en france à s'équper de la toute dernière version de cet appareil, dans la marque NODE, qui par la suite équipera également BUFFET, SELMER, probablemnt Leblanc et quelques grands magasins confrères...Mais j'aurais été le tout premier  à équiper un magasin de détail d'un tel engin-coût à l' époque : plus de DOUZE MILLE francs hors taxes...Quand je pense qu' un bon accordeur électronique vaut TRENTE euros aujourd'hui !!!)

M. Vesin me prie de l'excuser car il attend un visiteur d'un village du haut-valais, qui vient acquérir pour son fils de douze ou treize ans un trombone..Je vais assister à la vente, qui se fait très facilement, le jeune hésitant entre deux trombones haut-de-gamme repartira avec un super "KING", complet, un engin que je n'ai jamais vu disponible dans un magasin français même plusieurs années après... Là-bas, c'est chose courante...Par la suite également je verrai des tubas de marques prestigieuses (dont BESSON notamment), couramment vendus dans des villes modestes, alors qu'en France seuls deux ou trois boutiques "prestigieuses" assurent l'approvisionnement des musiciens dans ce type d'instrument...Pas étonnant que des dizaines de nos compatriotes aient effectués leurs achats dans des pays voisins, jusqu'à ce que des personnalités innovatrices comme VINCENT-GENOD ou encore JEANNOUTOT à Paris ne prennent l' initiative de stocker ces produits, amorçant ainsi un nouveau style de distribution dans les instruments à vent...Mais j'en reparlerai plus tard...)

Je passe donc une agéable après-midi et soirée avec ce couple, et je repars avec une commande substantielle de "ma" fameuse clarinette "RC" et de nos "E13" ( à l' époque "Evette et Shaeffer" ) d'étude, plus quelques saxophones... De plus, je reçois un avis autorisé de madame Vesin sur la qualité de notre lutherie "PAESOLD" et notamment des archets...

Le lendemain je dois poursuivre et me rendre au TESSIN (partie Italienne de la Suisse) où m'attend un personnage truculent à Lugano

Pour parvenir au TESSIN, deux solutions, soit franchir des cols parfois déjà impraticables en cette saison, ou alors utiliser le train qui franchit le tunnel du Simplon (je crois)...On monte carrément avec la voiture sur un wagon et on reste à l' intérieur pendant la traversée qui dure moins d'une heure si j'ai bonne mémoire...Assez impressionant mais je vais l'expérimenter une ou deux fois...par la suite je choisirai un saison plus agréable et je franchirai les cols en voiture , notamment le "ST GOTTARD", lorsque j'effectuerai des tournées plus longues (en principe de deux semaines), m'étant vu confier toute la Suisse et notamment la "Suisse-Allemande" avec les villes les plus importantes que sont notamment BERNE et LUZERN, ainsi que ZÜRICH et BÂLE...

Pour l'instant je débarque du train en zone Italienne et je dois repasser une frontière our pénétrer dan la partie suisse proprement dite...sans encombre cette fois...

Avant de me rendre à Lugano, je fais halte à ASCONA où je dois présenter au professseur de saxophone, un ami de Daniel Deffayet, nos saxophones altos et ténor...Ce musicien dont j'oublie momentanément le nom est lui aussi un français établi là-bas, et il est membre d'un quatuor réputé avec le fameux IWAN ROTH (professeur à  Bâle), qui vient d'opter pour notre saxophone alto, SELMER produisant à l' époque le très controversé "MARK 7", au clétage peu ergonomique, s'aliénant ainsi la clientèle des jeunes élèves et également de nombreux adultes aux petites mains !
Notre saxophone, au contraire, est équipé d'un excellent clétage et de subtilités techniques faisant d'ailleurs l'objet d'une demi-douzaines de brevets, qui en fait un instrument de rêve sur le plan facilité de jeu et d'émission...Hélas, je le subirai tout le reste de ma carrière, la sonorité trop "pure" trop "classique", ainsi que quelques problèmes de justesse qui ne seront résolus que bien des années après, seront un frein au développement de cet instrument, qui finalement sera presque totalement abandonné avant la fin du siècle !!!
Je suis donc reçu fort chaleureusement par ce professeur, qui essaye les instruments et qui va me faire découvrir une faiblesse technique affectant la "palette articulée" qui commande le Sib grave...Il ne les adoptera pas , mais grâce à ses remarques, une amélioration leur sera apportée.

Le soir même je découvre Lugano la belle Italienne...Le Tessin, c'est l' Italie, mais sans la folie et la joyeuse pagaille qui caractérise le pays de mes ancêtres...L'architecture est très marquée par le pays voisin, on y parle et on y écrit en Italien, les rues, d'une propreté exemplaire, s'appelent "Via Venezia" ou "Via del Lago"...et d' ailleurs, le lac est superbe...Tous comme les bateaux qui sont amarrés au port...des "RIVA" ou similaires, en acajou de toute beauté...
On s'y verrai bien en vacances, et pourtant c'est une ville très active, surtout par ses places financières...A l'époque la Suisse est la banque du monde et de l' Europe en particulier...Le fameux "secret bancaire" totalement impénétrable attire les fortunes licites et illicites...De plus, une frontière est vite franchie depuis l' Allemagne ou l' Italie notamment, deux pays qui pendant la guerre ont vu transiter toutes sortes de
fortunes...
Aujourd'hui, on parle beaucoup des paradis fiscaux aux îles Caïman ou autres, mais oublie-t-on ceux tout helvétiques de "CHUR" par exemple (j'en reparlerai plus tard quand je découvrirai comment une société internationale peut générer des bénéfices dans une zone "protégée" -des taxes entendez-bien, au détriment d'une autre filiale sise dans un pays , comme la France, soumis à une taxation lourde...)
Pour l'instant je jouis du paysage et du climat presque encore printanier, très différent de celui connu la veille, de l'autre côté des Alpes !

Le lendemain, visite au marchand de musique avec qui j'avais prévu on rendez-vous...C'est un Italien jovial, (naturalisé suisse !), un personnage assez truculent connu dans le métier comme un peu "fantaisiste" au niveau de la gestion de son affaire et surtout des règlement, mais honnête au fond, simplment un peu "bohème"...Il me fera renconter le professeur de clarinette, Armando BASILE, un grand admirateur de Jacques Lancelot, tout acquis à "notre cause " et qui va se répandre en compliments sur notre nouvelle clarinette...En aparté (et en italien), il me dira que le marchand (PS : j'ai aussi oublié son nom), est un brave garçon, mais qu'il fait des pieds et des mains pour faire connaître les clarinettes LEBLANC dans le coin...En effet, le grand KARL BURRI, de Berne, a créé une société "Leblanc-Suisse", et lui consent des conditions avantageuses de marge, mais aussi de règlement -ce qui,dans son cas, est un argument majeur...Toutefois, comme le dit cet éminent musicien  :" ma lui, non è cattivo, è un buon ragazzo..." (mais au fond, lui, il n'est pas mauvais, c'est un brave garçon...) - Je garderai un bon souvenir de ce premier contact que j'aurai l'occasion de renouveler par la suite...
Ma mission est donc quasiment accomplie...
Je dois revenir en passant par le Jura où j'envisage de visiter un ou deux commerçants qui figurent sur nos listes...
Je le ferai très rapidement -en fait ces petites villes jurassiennes (NEUCHATEL, LA CHAUX DE FONDS etc...) sont essentiellement des villes d'activité horlogère et mécanique de précision...Trop cartésiennes et pragmatiques pour s'adonner à la musique à laquelle on y préfèrent les sports de montagne ou la chasse...

Retour donc en France au plus vite !

17 octobre 2008

SAGA : 30e épisode / ANNEES BUFFETTISTES VI : PREMIERE TOURNEE HELVETIQUE

Bonjour à toutes et tous...Un petit aparté : je reprends enfin le cours de ma longue "SAGA" professionnelle...
ces derniers mois ont été marqués surtout par la conclusion -ni brutale, ni tragique- de cette belle aventure avec le monde du "business de la musique", commencée il y quarante ans déjà...

Heureusement, ce ne sera pas du tout pour moi la fin de ma passion musicale, bien au contraire...Puisque désormais, entre trois ou quatre accords de guitares, une visite à un ex-confrère, un concert de jazz ou autre (Lundi c'était la grande prêtresse "folk" Joan BAEZ à qui je dédiais mes applaudissements, mais , la veille, c'était à Rhoda SCOTT, la déesse aux pieds nus de l' orgue "HAMMOND" et à son quartet de dames "Lady Quartet", que j'ai consacré ma soirée...), un déjeuner avec d'anciens clients devenus très bons amis, quelques coups d' aviron sur la Marne et quelques brasses à la piscine de la Butte aux Cailles, je vais trouver le temps de finir de vous raconter ces petits évènements qui m'ont rapproché de tant de sympathiques figures du monde musical!

Nous voici donc à l' automne 75...J'ai décidé, en accord avec Roland KURZ, de ne pas attendre pour aller porter la bonne parole en Suisse, avant que les rigueurs de l' hiver ne m'empêchent de circuler dans ce beau pays que je vais découvrir...
Le voyage devrait être d'autant plus agréable que l'on vient de mettre à ma disposition un véhicule "de rêve" ...
Jugez-en : Citroën DS 21 "Pallas", injection, intérieur cuir...La voiture de l'ancien président Jean Blondelet ( que je rencontrerai ultérieurement chez "ARLOD" une petite société qu'il a créée pour "caser" d'anciens employés de confiance et aussi pour s'occuper un peu lui-même...)
J'avoue que je ne suis pas peu fier d' être véhiculé par un engin aussi prestigieux...Sans parler du confort pour les longs voyages, et de l' espace pour emporter des échantillons ! Car "contrairement à certains", j'ai bien l'intention de me présenter chez nos clients avec autre chose que des chaussures et un carrosse rutilants, une cravate en soie et une montre de prix au poignet...Nous ne mangeons pas de ce pain-là, nous autres !!! Nous sommes des besogneux ! Et, comme tels, je mets un point d'honneur à charger le véhicule avec un certain nombre d'instruments, jugez-en : un étui géant pour SIX clarinettes, un sax alto et un soprano (peut-être un ténor, je ne sais plus ) quelques étuis "WINTER" pour violons et archets, contenant un échantillonnage de la lutherie" RODERICH PAESOLD", produits de notre groupe...Une guitare "MARTIN THE NETHERLANDS BV -ex-Egmond- )avec son étui..., une trompette "YORK", un ou deux cartons de catalogues et tarifs, et ma valise ("DELSEY" grand modèle) avec le nécessaire pour presque deux semaines...Car, compte tenu de la distance, j'ai prévu de ne pas revenir avant d'avoir visité quasiment tous les lieux importants pour nos affaires, à savoir : FRIBOURG ( je dois y rencontrer Hubert BABEY, un bassoniste qui veut acheter un instrument adapté particulièrement à un petit handicap dû à la perte d'une phalange), puis GENEVE, LAUSANNE, MONTREUX, VEVEY, BEX, ensuite passer en "SUISSE ITALIENNE" -le fameux TESSIN : Lugano, Ascona..., puis revenir par BERNE ( exceptionnellement car en principe je ne visite pas encore la Suisse "alémanique", mais monsieur Karl BURRI, grand maître devant l' éternel de la "lutherie des vents" en Suisse, a organisé une soirée de démonstaration au cours de laquelle interviendront d'éminents solistes comme le regretté Thomas FRIEDLI (disparu tragiquement en montagne en 2007), Robert KEMBLINSKY, ou encore Anthony MORF qui deviendront rapidement des amis...)
Je devrai également rencontrer quelques luthiers (violons) pour tenter de proposer nos archets, voire même nos violons, et terminer mon voyage par le Jura...Du coup je passerai au retour par Besançon et Mulhouse, pour faire "bon poids".
Le voyage a été minutieusement préparé...A l' époque , pas d'internet, mais de bonnes vieilles cartes routière "MICHELIN"...L'itinéraire a été pensé au mieux, même si les aléas du parcours m'obligeront parfois à revenir en arrière pour des raisons de rendez-vous parfois impossible à faire succéder dans l'ordre géographique... Tous mes futurs "prospects" ont reçu une lettre leur annonçant ma visite, avec suffisamment de délai pour m'appeler avant mon départ s' il y avait un problème...Je me suis équipé d'un magnifique petit bijou photographique "OLYMPUS PEN EE", et d'un magnétophone à cassette pour y dicter mes impressions et commentaires...
Petit détail...j'ai ma provision de...cigarettes pour la route...Eh oui, à l' époque, je grille quelques "CRAVEN A", DUNHILL , ou encore des "SENIOR SERVICE", voire des "LUCKY STRIKE"...pas de préférence particulière...Mais toujours, tabac blond, anglaises ou américaines ...Heureusement , pas plus de 8 à 10 ou 12 par jour...
Voyageant seul en voiture, ces "poisons" vont servir à "cadencer" mes parcours! Par exemple : une première "sèche" après le premier péage...puis la suivante deux ou trois cents kilomètres après, etc... une autre après le premier plein d'essence...
"En route pour la gloire", nous dirait Woody Guthrie...Pour moi c'est la grande aventure...Ma collègue Joelle ( BRESSON) a veillé à ce que tous les instruments soient consignés sur une facture pro-forma, et nous avons pensé que cela me permettrait de passer la frontière franco-helvétique sans problème ! C'est mal connaître la conscience professionnelle tatillonne des "gabelous" du pays de Guillaume Tell...
Je suis donc tenu de passer la nuit dans un hôtel pour attendre l'ouverture du bureau des douanes le lendemain matin , car on va PESER chaque produit, pour me faire payer une caution calculée selon le système suisse, non seulement sur la valeur déclarée des produits, mais sur leur POIDS...Hallucinant... le pourcentage étant différent sur un kilo de clarinettes d'un kilo d' archets, lui même différent du kilo de saxophone !!!
De plus, je n'ai pas de liquidités pour payer la caution, il va falloir que mes collègues fassent un virement express sur le compte de la Douane Suisse, et que j'attende réception de la somme (heureusement ça se passe par le télégraphe à l' époque)

Me voici donc bloqué dans un petit hôtel triste tout près de la frontière...sans télé,mais avec la radio quand même...

Le lendemain, j'assiste à la pesée de mes marchandises...J' ai du mal à réprimer mes sourires en voyant l'application méticuleuse des fonctionnaires... Quelques heures après, tout est arrangé et je peux enfin découvrir ce joli pays...

Attendu à FRIBOURG par H. Babey, je vais passer une soirée délicieuse auprès de gens charmants, qui m'ont réservé une chambre chez eux ! L' hospitalité suisse...J' aurai maintes fois l'occasion d' en être l'objet, à Echallens chez Robert et Annette KEMBLINSKI, à Bâle chez Anthony MORF ou chez Iwan ROTH, entre autres...

Le lendemain, premier grand rendez-vous "professionnel" à LAUSANNE chez "HUG & FOETISCH", un grand magasin égaement éditeur connu...l' adresse : "Grand Pont"...Un très bel endroit mais pas pratique du tout pour y stationner...Je vais l' apprendre à mes dépens, devant faire pas moins de trois aller-retours entre ma voiture- garée à plusieurs centaines de mètres- et le magasin, finalement pour un résultat nul...La prochaine fois, je m'assurerai que les personnes que je dois rencontrer sont bien présentes, qu'elles ont le temps de me recevoir et que, enfin, elles souhaitent voir mes échantillons...En fait, la personne responsable des instuments à vent me reçoit courtoisement il est vrai (c'est un Français naturalisé Suisse), mais, d'une part me fait comprendre que le commerce des instruments à vent ne représente qu'une part infime de leur business, basée essentiellement sur la vente des claviers et pianos (en fait ce magasin est une sorte de "PAUL BEUSCHER local" ), mais aussi que les professeurs lausannois -clarinette, saxophones, hautbois ou bassons- se servent pour la plupart chez Karl BURRI à Berne, ou chez SERVETTE MUSIQUE (René et Otto HAGMANN) à Genève...En effet, contrairement à ces derniers, le grand magasin Vaudois ne dispose pas d'un service après-vente spécifique aux instruments à vent...
Ce phénomène m'apparaîtra plus tard comme la clé de voûte de tout le système de distribution de nos produits, mais pour l'instant je n'en ai pas pris la mesure...
Je quitte donc ce premier client et termine mes visites chez un luthier très connu (évidemment, pas intéressé par des produits "de marque", les luthiers préférant acheter des produits semi-finis qu'ils modifient à leur gré et vendent sous leur propre nom, réalisant ainsi de substantiels bénéfices, ou tout simplement pour les plus connus d'entre eux, ne commercialiser que leur propre production...Il faut tout de même être conscient du fait que violons, altos, violoncelles et archets peuvent atteindre des prix pharamineux...Plusieurs dizaines de milliers de francs de l' époque pour un violon de professionnel, plusieurs milliers pour un "simple" archet -Même un instrument d'étude ne se négocie pas au-dessous du prix d'une clarinette ou d'un saxophone... Et les luthiers forment un monde à part, c' est un peu la "caste supérieure", à surtout ne pas confondre avec les "marchands"...Ce même état de choses existera dans le domaine des vents, je le rencontrerai bientôt....)

Pour l'instant, je vais rejoindre mon hôtel, et, pour me remettre de mes émotions (!) je vais dîner dans un excellent restaurant " Les trois petits cochons" si j'ai bonne mémoire, où je vais apprécier de fabuleux ris de veau !!! C'est un peu cher il est vrai, mais, après tout, j' y ai bien droit...Tant pis pour les finances de la société !!!

Demain j'irai vers Genève pour y retrouver René HAGMANN et son père, premières personnes que j' aie connues à  Francfort en Mars dernier...

Le lendemain, en route vers Genève...A neuf heures j'ai pu stationner avenue de la Servette, tout près du magasin à l'angle de la rue Racine...Les HAGMANN me reçoivent avec déférence; quel bonheur de se sentir apprécié...Je visite leur magasin, entièrement voué aux "vents", propre, bien rangé -Suisse quoi ! - L'atelier est une vrai merveille digne d'un horloger...Messieurs Hagmann père et fils y officient tôt le matin , boutique fermée intentionnellement jusqu'à  onze heures pour ne pas être dérangés pendant les travaux de précision...Comme d'ailleurs l'explique le message de leur répondeur téléphonique !

Ils me confirment également la tendance des professeurs à confier leurs instruments au grand Karl BURRI, mais se sont fait un bonne clientèle chez les professeurs du conservatoire de Genève et des écoles avoisinantes, et également dans le domaine du jazz "traditionnel" -entendez "New Orléans" - qui a beaucoup de succès là-bas. René HAGMANN joue lui-même des cuivres (petit tuba ou euphonium) et du saxophone; son père du trombone...Les Suisses sont très musiciens...Tout village du Valais par exemple se doit d'avoir sa fanfare ou son harmonie, et on ne s'équipe qu'en instruments de classe , jugez-en:

-les clarinettes sont à  80% BUFFET CRAMPON, le reste essentiellement NOBLET et LEBLANC, grâce à l'organisation mise en place justement par Karl BURRI, distributeur de la respectable marque française ( à l' époque n° 1 mondial en quantité pour les instruments d' étude et les clarinettes dites " d' harmonie" -clarinettes-alto, cors de basset, et surtout clarinettes basses )

-Les saxophones sont à  70% SELMER, le reste essentiellement BUFFET CRAMPON et une marque que je vais découvrir "YANAGISAWA"

Les hautbois surtout " RIGOUTAT" et aussi "MARIGAUX"... Certains professionnels ont opté pour la production minimaliste et extrêmement chère d'un personnage qui fera souvent parler de lui dans le métier, un certain "DUPIN", encore un Français émigré en Suisse, qui collaborera même dans les années quate vignt avec BUFFET CRAMPON...

Les cuivres sont répartis comme suit :
cornets, trompettes : COURTOIS, GETZEN, BACH
trombones : COURTOIS, KING
Euphoniums, tubas : COURTOIS et surtout BESSON ( Boosey & Hawkes)...Nous reviendrons plus tard sur cette très grande firme anglaise qui fut par la suite propriétaire de BUFFET CRAMPON ( la raison essentielle de mon départ volontaire de cette société en 1985), avant de sombrer dan la faillite et l'oubli total de nos jours...juste retour des choses, c'est désormais BUFFET CRAAMPON qui est le détenteur de la marque BESSON - un marque d'origine française d'ailleurs...)
bassons : BUFFET CRAMPON, mais également de nombreuse marques allemandes (HECKEL, PÜCHNER,SCHREIBER), le "fagott" tendant à venir se substituer à notre système...

Il faut dire que les instruments de provenance étrangère à l' Europe sont très peu taxés, et si les commerçants frontaliers comme SERVETTE ont parfois des problèmes avec certains clients qui vont acheter les instruments français de l' autre côté de la frontière, bénéficiant ainsi de la détaxe, a-contrario, nombreux sont les français qui viennent non seulement des régions proches, mais aussi de Paris ou Lille pour acquérir des produits de haut-de-gamme américains ou japonais (comme les flûtes MURAMATSU ou SANKYO) quasiment à  moitié-prix !!!

Par contre, YAMAHA n'a pas encore réalisé son O.P.A sur le monde de la musique en Suisse...Peut-être, dirais-je en parodiant un publicité célèbre, parce que "PAS ASSEZ CHER MES FILS " !!! En fait, le géant nippon n'a pas encore de gamme supérieure satisfaisante pour ce marché atypique - mais il saura très rapidement pallier ce vide avec ses produits "CUSTOM"...

Cette visite Genevoise sera très agréable et productive ( première commande "substantielle" ) et aussi marquera le début d'une relation amicale et fructueuse avec les HAGMANN ( le père, hélas, disparaîtra de manière extrêment brutale quelques années plus tard, fauché par un véhicule incontrôlé, alors qu'il traversait une route en compagnie des membres d'un jury, pour fêter le triomphe du bassoniste Gilbert Audin au concours international de Genève...)

Un détail qui compte : mes clients se font une joie de m'inviter à déjeuner...ils me font ainsi découvrir des spécialité suisses et leurs délicieux vins...Contrairement à ce que je rencontrerai trop souvent en France, la visite d'un représentant est un petit événement qu'ils apprécient et ils mettent un point d'honneur à me traiter au mieux...Ce sera le cas tout au long de ces dix années "BUFFETTISTES", et c'est aussi un des meilleurs souvenirs de cette période...

Après une excellente nuit passée dans un hôtel recommandé par les HAGMANN, je vais prendre la route vers le Valais, où je dois renconter un ancien client, monsieur Vesin à BEX ,petite ville du coin, qui a jadis passé de bonnes  commandes...

Cette tournée étant relativement foisonnante de détails, je vais la scinder en deux ou trois épisodes...Suite très bientôt !!!

02 décembre 2007

QUELQUES ILLUSTRATIONS (SAGA 1970-1975)

Chers amis du blog, amoureux de la musique...
Depuis quelques mois j'essaye de vous divertir en vous racontant ma "saga", commencée maintenant il y a bien quarante ans puisque le mois dernier, le  5 novembre était bel et bien l'anniversaire de mon arrivée à Paris il y a eu quarante ans...

Comme je vous l' ai annoncé, le processus du changement chez "QUINTETTE MUSIQUE" est en marche.
Toutefois, j'espère encore trouver un successeur désireux de continuer cette aventure, aussi c'est en douceur que je me prépare à quitter cette activité que j'aime toujours autant...
En attendant cette échéance inéluctable, j'ai le plaisir de recevoir de nombreuses vsites et de sympathiques témoignages, qui me touchent énormément...Profitez -en pour bénéficier des prix spéciaux de fermeture et de déstockage qui sont affichés en magasin...N'hésitez pas à communiquer par mail pour tous renseignements...
En cette fin de semaine qui approche, je vous présente quelques photos qui devaient accompagner les épisodes "BEUSCHERIENS"...

Je n'ai pu retrouver ces quelques photos que dernièrement, aussi je vous les livre telles quelles (cliquez à chaque fois sur le titre pour voir l'image en format "acceptable" ...

L_AUTEUR DEVANT PAUL BEUSCHER EN 1970

ADRIEN_MARES_AUX_ACCORDEONS

SOLANGE_ET_MME_SEILLER (A LA CAISSE DU MAGASIN "INSTRUMENTS")

PH_SEILLER_DEVOILANT_LES_PLANS (AGRANDISSEMENT DU MAGASIN)

CANNED_HEAT__FITO_DE_LA_PARRA_(VERSAILLES)

CANNED_HEAT_AVEC_BOB_HITE_THE_BEAR (TOURNAGE D'UNE VIDEO A VERSAILLES)

EMISSION_RTL_CHEZ_BEUSCHER (FRANçOIS et MOI avec FABRICE)

MA_PREMIERE_HONDA__1973_(RACHETEE AU COMPTABLE DE PAUL BEUSCHER)

FRANCFORT_1975_AVEC_BUFFET_CRAMPON (INSTALLATION DES CLARINETTES)


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